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Publié le
2023 juin 12Objectif 4.3.7 - Empêcher les OGM cultivés d'entraîner la perte, le déplacement ou l'introgression génétique des variétés agricoles locales et de la flore sauvage apparentée et empêcher qu'ils n'affectent la biodiversité naturelle environnante.
L'utilisation d'organismes génétiquement modifiés (OGM) dans l'agriculture pour les cultures destinées à l'alimentation humaine ou animale et leur dissémination dans l'environnement en soi revêtent une importance croissante. Cette importance augmente en fonction des progrès technologiques réalisés dans ce domaine, car l'utilisation d'OGM peut potentiellement avoir des impacts négatifs sur la biodiversité de l'environnement. L'un des risques est la fuite de gènes nouvellement introduits dans l'environnement (notamment par le biais du pollen), ce qui pourrait contaminer le matériel génétique des variétés agricoles locales ou de la flore sauvage apparentée. Cela peut être préjudiciable, par exemple si le gène nouvellement introduit (transgène), destiné à des fins agricoles, a des effets néfastes s'il se propage dans la nature. Étant donné que le but de la modification génétique est souvent d'accélérer la croissance des plantes cultivées ou leur croissance dans des conditions environnementales défavorables, la pollinisation croisée pourrait entraîner des mutations chez les plantes sauvages qui les rendraient plus envahissantes. En fonction du nouveau caractère conféré par les transgènes, l'impact des plantes génétiquement modifiées doit être soigneusement évalué en ce qui concerne les différentes composantes de la biodiversité, représentatives des différentes fonctions de l'écosystème, non seulement dans l'écosystème agricole lui-même mais également en ce qui concerne les écosystèmes terrestres et aquatiques sauvages vicinaux connexes.
Il existe également un risque que les variétés cultivées génétiquement normalisées supplantent les variétés agricoles adaptées localement, principalement pour des raisons économiques et commerciales et, en général, en tant que grandes monocultures, et contrebalancent ainsi les objectifs 4c.2 à 4c.5 et l'objectif 5.8.
En outre, les variétés génétiquement modifiées étant couvertes par des brevets généralement détenus par des multinationales, des efforts doivent être déployés pour empêcher que leur dissémination dans l'environnement ne modifie les pratiques agricoles traditionnelles, allant ainsi à l'encontre des objectifs 5.10 et 6.
Nous devons également empêcher le marketing, les forces économiques et les habitudes de consommation de menacer et de contaminer les écosystèmes sauvages. Il convient de sensibiliser le public aux comportements de consommation qui aggravent ces menaces (cf. obj. 4b.1 et 4g.1).
D'autre part, les plantes génétiquement modifiées sont développées à des fins industrielles (pour fabriquer des produits pharmaceutiques, des bioplastiques et d'autres biomatériaux), et les cultures industrielles occupent la superficie précédemment utilisée pour les cultures vivrières. Une fois de plus, il est extrêmement important de surveiller de près les conséquences écologiques de la propagation de ces transgènes ainsi que les conséquences éthiques et sociales, et des décisions doivent être prises pour éviter les impacts négatifs.
Certaines cultures génétiquement modifiées sont résistantes aux herbicides ou aux insecticides. La culture de ces plantes pourrait entraîner des ajustements des pratiques agricoles (modification de la quantité et du type d'herbicides/insecticides utilisés) qui auraient un impact direct sur l'environnement et sur la biodiversité en particulier.
Afin de poursuivre l'objectif opérationnel mentionné ci-dessus, des études au cas par cas sur les risques environnementaux pour la biodiversité et sur les considérations socio-économiques liées à l'introduction de cultures OGM en Belgique sont nécessaires. De telles études fourniraient une base scientifique pour faciliter les discussions coopératives entre les autorités régionales et fédérales et entre les différentes parties prenantes en Belgique lorsqu'il s'agit de décider d'importer et/ou de cultiver des OGM. Ces études devraient être coordonnées avec la mise en œuvre de l'objectif 7.8 visant à promouvoir la recherche et à évaluer les effets des OGM sur la biodiversité et les aspects socio-économiques.
Enfin, ces études d'impact environnemental et socio-économique devraient être basées sur une bonne connaissance de la biodiversité agricole existante de notre pays. La mise en place de catalogues complets « vivants » (adaptables) couvrant cette question devrait donc être encouragée.