Maroc/Produits du terroir. Un espoir pour l'économie de l'arganier
La culture de l'arganier constitue pour beaucoup de femmes rurales dans les régions sud du pays un gagne-pain et un support financier pour leurs familles.
| Release date |
28/08/2008 |
| Geographical coverage |
Morocco |
| Keywords |
Arganier |
| Source |
Le Matin / Maroc info |
Bénéficiant d'une réserve naturelle d'environ 800.000 hectares, le pays continue d'exploiter traditionnellement cette ressource, qui constitue néanmoins un vivier intéressant aussi bien pour l'export que pour la consommation locale.
Toutefois, durant les dernières décennies, le développement de la culture irriguée et l'urbanisation dans les zones de plaines, entre autres facteurs, fragilisent la biosphère de l'arganeraie, mettant ainsi en péril sa pérennité. En effet, les massifs d'arganiers connaissent actuellement un taux de régression allant de 2% à 3% par an, ainsi qu'une perte de densité. Le Projet Arganier est alors tombé à point nommé pour instaurer une nouvelle démarche de préservation.
Le projet, dont la vraie appellation n'est autre que "Appui à l'amélioration de la situation de l'emploi de la femme rurale et gestion durable de l'Arganeraie dans le sud-ouest du Maroc", a pour objectifs globaux d'encourager une participation active des femmes rurales en tant qu'actrice économique et sociale de la région de l'arganeraie et de contribuer à un regain d'intérêt au développement durable de cette ressource naturelle. Le montant total du projet s'élève à 12 millions d'euros, sachant que l'Union européenne y contribue pour moitié. Sa durée est de 84 mois (de mars 2003 à mars 2010) et il cible à terme toutes les provinces où prévaut l'Arganier. N'ayant été mis effectivement en ?uvre qu'à partir de 2005, le projet est copiloté par l'Agence du développement social avec le soutien de l'Union européenne. Dans un premier temps, il a sélectionné et cofinancé quatre projets de régénération et de gestion durable de l'arganeraie pour un total de 300.000 euros.
Déployée dans les provinces de Chtouka Ait Baha, Tiznit, Taroudant et la préfecture Inezgane Ait Melloul, cette première expérience visait le reboisement de 170 hectares. Ces projets gérés au niveau provincial permettent concrètement de faciliter l'adhésion des populations à travers les Associations de développement local et de les impliquer directement dans la gestion, le suivi et le contrôle des activités. L'équipe du Projet Arganier, en étroite collaboration avec la Direction régionale des eaux et forêts du sud-ouest, assure un accompagnement de proximité des projets (information, formation, conseil, suivi technique et financier).
Un système de veille continu des périmètres régénérés a été mis en place, permettant la surveillance de la croissance des volumes des plantations et la programmation des opérations d'arrosage en fonction des besoins. Au jour d'aujourd'hui, les résultats obtenus se révèlent très prometteurs. Le taux de succès constaté sur les périmètres est en moyenne de 94%.
Ce taux représente des seuils jamais atteints pour le reboisement à l'échelle régionale. S'il est encore avancé de formuler des conclusions hâtives sur ce type de projets vu son récent démarrage, tous les acteurs locaux s'accordent à dire aujourd'hui que les leçons tirées de cette première expérience contribueront de manière significative aux actions de préservation engagées au niveau de la région.
Récemment, le Projet Arganier a lancé un second appel à manifestation. Ce sont ainsi cinq nouveaux projets qui viennent d'être sélectionnés.
Ils permettront un reboisement sur une superficie de plus de 400 ha. Les porteurs de projets vont bénéficier d'une formation basée sur l'expérience des premiers projets.
Les efforts du Projet Arganier en matière de préservation et de gestion durable de l'Arganeraie ne s'arrêtent pas à ces expériences pilotes sur le terrain. Le projet soutient également des activités de recherche et participe à la mise en place de la Réserve biosphère de l'arganier pour préserver sur le long terme cette ressource naturelle.